Imprimer

5Dimanche du Temps Ordinaire Année A

9 Février 2020

 IMG 20200206 204027

Première lecture

« Ta lumière jaillira comme l’aurore » (Is 58, 7-10)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
    Partage ton pain avec celui qui a faim,
accueille chez toi les pauvres sans abri,
couvre celui que tu verras sans vêtement,
ne te dérobe pas à ton semblable.
    Alors ta lumière jaillira comme l’aurore,
et tes forces reviendront vite.
Devant toi marchera ta justice,
et la gloire du Seigneur fermera la marche.
    Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ;
si tu cries, il dira : « Me voici. »
Si tu fais disparaître de chez toi
le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante,
    si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires,
et si tu combles les désirs du malheureux,
ta lumière se lèvera dans les ténèbres
et ton obscurité sera lumière de midi.

    – Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 111 (112),.4-5, 6-7, 8a.9)

R/ Lumière des cœurs droits,
le juste s’est levé dans les ténèbres.
ou :
Alléluia !
(cf. Ps 111, 4)

Lumière des cœurs droits, il s’est levé dans les ténèbres,
homme de justice, de tendresse et de pitié.
L’homme de bien a pitié, il partage ;
il mène ses affaires avec droiture.

Cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.
Il ne craint pas l’annonce d’un malheur :
le cœur ferme, il s’appuie sur le Seigneur.

Son cœur est confiant, il ne craint pas.
À pleines mains, il donne au pauvre ;
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa gloire !

Deuxième lecture

« Je suis venu vous annoncer le mystère du Christ crucifié » (1 Co 2, 1-5)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

    Frères,
quand je suis venu chez vous,
je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu
avec le prestige du langage ou de la sagesse.
    Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ,
ce Messie crucifié.
    Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant,
que je me suis présenté à vous.
    Mon langage, ma proclamation de l’Évangile,
n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ;
mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient,
    pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes,
mais sur la puissance de Dieu.

    – Parole du Seigneur.

Évangile

« Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-16)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia. (cf. Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
comment lui rendre de la saveur ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

    Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.
    Et l’on n’allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
    De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Textes liturgiques © AELF

www.aelf.org

 

Homélie

Sel de la terre et lumière du monde

Une des grandes questions qui ont traversé les religions en particulier le Judaïsme et le Christianisme au cours des temps, porte sur la manière idéale de service Dieu et de Lui rendre un culte digne de son nom. En ce cinquième dimanche du temps ordinaire, les lectures qui nous sont proposées en méditation, donnent des réponses à cette question en nous montrant ce qui nous est essentiel à faire pour proclamer Dieu, Lui rendre un culte idéal et être ses témoins dans ce monde.

Dans l’Evangile de ce jour qui suit immédiatement le passage sur les béatitudes, et donc visant aux mêmes effets, Jésus utilise deux images fondamentales pour exprimer ce qu’il pense que ses disciples devraient être : ‘sel de la terre et lumière du monde’. Nous savons tous l’utilité de ces deux éléments dans notre vie. Le sel, sert à donner goût aux aliments et la lumière à éclairer. Toutefois il faut reconnaître que nul ne mange du sel seul, car sans un autre aliment il ne servirait pas à grande chose. De même, la lumière seule sans les yeux pour voir et rien à éclairer, ne servirait pas à grande chose. C’est alors que nous comprenons que Jésus place l’action de ses disciples dans le monde qui est l’aliment dont il faut hausser la saveur et l’espace à éclairer. Comme un grain jeté à terre ne porte du fruit que quand il est mort,[1] de même le sel ne peut améliorer le goût d’un aliment s’il ne s’y dissout complètement tout en gardant sa saveur. Ceci veut dire que les disciples du Christ ont une mission essentielle qui leur est confiée. Une mission qu’ils ne réussiraient pas en devenant fade, perdant leurs qualités de disciples du Christ. Une mission qui ne consiste pas à s’annoncer eux-mêmes, mais plutôt à annoncer le Christ, leur saveur dans le monde. Ainsi, l’Eglise n’a pas pour mission de s’annoncer elle-même, mais plutôt ‘d’annoncer Jésus Christ, le Messie crucifié et son évangile’.

Il n’y a donc vraiment pas besoin de discours éloquents ou des choses extraordinaires pour annoncer l’Evangile et pour dire Dieu en ce monde. Il suffit simplement de mettre Jésus au centre de tout ce que nous faisons et de laisser l’Esprit Saint déployer sa puissance pour nous permettre d’être des témoins véritables du Christ. Voilà ce que St Paul nous dit dans la deuxième lecture de ce dimanche. Cela nous invite peut-être à revoir nos méthodes d’évangélisation et de pastorale comme communautés chrétiennes.

Cette mission qui nous est confiée, n’est pas une qui se contente de belles paroles. Elle est une mission d’action. Jésus ne dit pas que nous sommes des lampes, mais que nous sommes la lumière. Une lumière ne peut pas être sans éclairer. De même, la présence d’un disciple du Christ dans un lieu doit pouvoir dissiper les ténèbres de l’injustice, de la haine, du manque de charité, bref, des maux d’indifférence aux souffrances des autres dont souffre nos sociétés. Presque à la fin de son livre, Isaïe communique cette option préférentielle pour les pauvres comme un résumé de toute son exhortation prophétique. Par trois fois, il utilise la lumière comme conséquence de ce choix en disant : « ta lumière brillera comme l’aurore, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi ».

Chrétiens et Chrétiennes, nous avons reçu une lumière à notre baptême, signe de cette lumière qu’est le Christ pour nous, mais aussi signe de la lumière que nous sommes pour le monde. Brille-t-elle encore par la charité et par une option préférentielle pour les pauvres de toute sorte qui sont autour de nous ?

C’est seulement en voyant ce que nous faisons de bien que le monde rendra gloire à notre Père qui est aux cieux. Il est donc clair qu’un moyen pour rendre le meilleur culte à Dieu est à travers les services que nous rendons aux hommes et aux femmes de ce monde. Demandons au Seigneur la grâce de rester fidèle à cette vocation de sel et de lumière que nous avons reçue.

Jacob Schiméa SENOU, SMA.

[1] Cf Jn 12,24